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Revive Israel Ministères

Le plus grand des fils de David
(Une perspective juive de la nature duelle du Messie)
©Par Asher Intrater Janvier 2007

La foi de l’Israël ancien prend racine dans celle d’un seul homme, Abraham, et sa famille. Cette famille s’est développée en tribu puis par la suite en un peuple (à l’époque de Moïse). Lorsque ce peuple s’est installé en Canaan, il s’est formé en tant que nation, qui allait finalement exprimer le désir d’un gouvernement unique pour tous représenté par la personne d’un roi.

Le peuple a réclamé un roi comme bon lui semblait, sans se soumettre à la volonté de Dieu. C’est donc un royaume dont l’autorité et le pouvoir étaient corrompus dans ses racines même qui a vu le jour, avec à sa tête un roi, Saül lui aussi corrompu. La première monarchie humaine du peuple d’Israël était vouée à l’échec. Pourtant, l’idée d’un royaume et d’un roi pour le peuple d’Israël, dont la puissance et l’autorité viendraient de Dieu, était bien le plan originel prévu par les Ecritures depuis avant la création du monde (voir Matthieu 25 :34).

Le gouvernement royal de David

Le point de départ de ce royaume a été le choix divin sur le roi David. Il y eut des tensions et des guerres durant des années entre le royaume « politique » de Saül et le royaume « spirituel » de David mais en fin de compte, le royaume de David gagna haut la main et la première étape du plan monarchique voulu par Dieu s’accomplit. Il promis à David que son royaume et sa royauté n’aurait pas de fin (II Samuel 7 :13-17 ; Psaume 89 :3-4, 19-20).

Le concept d’un empire éternel et divinement agréé devint l’axe central de la foi dans l’Israël ancien. C’est la base de ce que nous appelons aujourd’hui « le royaume de Dieu ». Ce royaume idéal devait donc être dirigé par le roi idéal. Celui-ci représenterait les valeurs parfaites de cette société parfaite. Ce roi divinement « oint » était le Messie ou Mashiah (le Oint en hébreu). Cette figure du Messie était décrite comme le plus « grand » fils de David. 

Les écrits du Nouveau Testament s’ouvrent sur l’affirmation que Yeshua est bien un fils de David.

Matthieu 1 :1,17

Livre des origines de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham. (…) Le nombre total des générations est donc : quatorze d’Abraham à David, quatorze de David à la déportation de Babylone, quatorze de la déportation de Babylone au Christ.

(Il est intéressant de noter qu’étant donné que les chiffres en hébreu sont des lettres et qu’il n’y a pas de voyelles ; David s’écrit D.V.D., D=4 et V=6 ; le nom de David est donc égal à 14 !)

Le point de départ du Nouveau Testament  est que Yeshua est le fils de David, et son royaume la continuité de celui de David. Ce lien entre David et Yeshua est essentiel. Le royaume messianique a été promis à David et à sa descendance. Si Yeshua n’était pas lié à David, alors il ne pourrait être le Messie. Le peuple juif a du mal à concevoir le royaume de David se perpétuant en Yeshua, tandis que les chrétiens ont du mal à concevoir le royaume de Yeshua connecté dans le passé à David.

La vision du royaume d’Esaie

Bien que David était un homme droit et inspiré de Dieu, il n’était pas parfait et ne pouvait remplir toutes les conditions d’un Messie parfait. Il y eu quelques espoirs que son fils Salomon s’élèverait à cette idéal de perfection du Messie. Cependant, aussi magnifique et sage qu’était Salomon, il n’était lui non plus pas parfait et tomba finalement dans des péchés encore plus grands que ceux de son père David. La situation, loin de s’améliorer, ne fit que se détériorer avec le fils de Salomon, Roboam.

Tandis que la nation d’Israël espérait toujours un roi messianique, le royaume et ses rois étaient continuellement embourbés dans des problèmes. Certains prophètes d’Israël (comme Elie) confrontèrent le peuple avec ses péchés, d’autres (comme Esaie) reçurent la vision d’un meilleur et nouveau royaume qui s’inscrirait dans un plan spirituel plus élevé. Le chapitre 2 d’Esaie décrit un monde de paix et un réveil spirituel avec Jérusalem pour capital.

Esaie n’a pas seulement vu une amélioration spirituelle du royaume de  David, mais aussi un roi particulier qui dirigerait ce royaume. Ce roi se nommerait Emmanuel (Esaie 7 :14 ; 8 :8), Merveilleux, Conseiller, Dieu Puissant, Père Eternel et Prince de Paix (Esaie 9 :5). Ce fils particulier ne signerait pas la fin du royaume de David mais l’étendrait et le rendrait meilleur.

Esaie 9 :6

Il y aura une souveraineté étendue et une paix sans fin pour le trône de David et pour sa royauté, qu’il établira et affermira sur le droit et la justice.

Esaie commença à décrire ce roi messianique comme le fils de David, et pourtant bien plus que cela.

Esaie 11 :1

Un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton jaillira de ses racines.

Le Messie est donc bien un descendant physique de David.

Esaie 11 :2

Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de vaillance, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur.

Il aura cependant une onction supernaturelle, qu’aucun homme n’avait connue jusque là.

Les rebbes messianiques

Ces cent dernières années, le courant hassidique du judaïsme orthodoxe a doté leurs rabbins (appelés rebbe) d’une nature messianique, voyant en eux une onction supernaturelle. Le rebbe est plus qu’un dirigeant rabbinique. Il est un Tsadik ; c'est-à-dire un homme tellement saint et droit, qu’une part de sa sainteté et de sa droiture se déversent sur ses disciples qui s’identifient à lui. Il est considéré comme une sorte d’échelle reliant l’homme à Dieu.

Dans une partie de la littérature du mouvement Loubavitch, on attribua au rebbe Schnerson l’onction d’Esaie 11 :2, il était donc plus qu’un simple homme mortel. Dans le mouvement de Breslev,  on affirme qu’il y a une puissance rédemptrice et supernaturelle qui se libère lorsqu’on prononce le nom de leur rebbe, Nachman, comme une sorte de mantra, de façon très répétitive (« na, nach, nachman, neuman »).

Les mouvements de Loubavitch et de Breslev ont vu dans leurs rebbes des descendants du roi David et donc des messies B’sheskah. On dit cela de quelqu’un dans la position du messie, qui est potentiellement le messie, le messie en stage de formation en quelque sorte. (Le mouvement Loubavitch a été jusqu’à dire qu’Esaie 53 faisait référence à leur rebbe lorsque celui-ci était malade avant sa mort.)

Donc l’idée que le messie est le fils de David et pourtant plus que cela n’est pas étrangère au monde juif, les prophètes ne le sont pas non plus, ni même certains courants du judaïsme rabbinique. C’est à cela que Yeshua faisait référence lorsqu’il dit : « Si donc David l’appelle Seigneur, comment est il son fils ? » Matthieu 22 :42-45 ; Luc 20 :41-44. Cette tension entre le Messie homme et pourtant plus qu’un homme, le fils de David et pourtant plus que cela, est un immense défi qui reste irrésolu à la fin de l’époque de la Loi et des prophètes.

L’homme céleste

La vision du Messie que reçue Esaie fut une avancée décisive dans la révélation prophétique du royaume de David. La compréhension du Messie dans le Nouveau Testament est un autre bond en avant dans le même courant prophétique. C’est là que vient en pleine lumière la plénitude de la nature supernaturelle et à la fois naturelle du Messie.

Il est très intéressant de remarquer que le Nouveau Testament explique la nature divine du Messie en pointant une figure du temps de la Loi et des Prophètes, non pas le roi David, mais la figure connue sous le nom d’Ange de l’Eternel. Voici quelques exemples :

  1. Genèse 18 ; un homme angélique rend visite à Abraham. Il est d’une part désigné comme un ange de Dieu et d’autre part comme YHWH lui-même.
  2. Genèse 32 ; l’ange qui combat toute la nuit avec Jacob est à la foi homme et Dieu (El Shaddaï).
  3. Exode 3 ; le personnage à l’intérieur du buisson ardent qui parle à Moïse est appelé ange mais aussi YHWH, Dieu lui-même.
  4. Exode 14 ; le même Dieu-ange apparaît à l’intérieur de la colonne de feu et de nuées et guide les enfants d’Israël à travers la Mer Rouge et tout le long de   leur errance dans le désert.
  5. Exode 24 ; Moïse et Aaron, ainsi que les 70 anciens d’Israël, voient le Dieu d’Israël sous une forme humaine et mangent avec lui.
  6. Josué 5 ; le même personnage du buisson ardent va à la rencontre de Josué avant la bataille de Jéricho. Il est appelé capitaine des armées célestes de Dieu, pourtant Josué se prosterne devant lui et l’adore, il retire ses sandales, tout comme l’avait fait Moïse devant le buisson ardent.
  7. La vision d’Ezéchiel 1 ; en haut du feu de gloire, se trouve un trône sur lequel est assis un « Homme ». C’est une autre révélation de Dieu aux hommes sous forme humaine.
  8. Zacharie 2 et 3 ; cet ange de l’Eternel apparaît devant Josué le grand-prètre. Au verset 10 du chapitre 2 il est désigné comme YHWH alors qu’au verset 12, il est dit que YHWH l’a envoyé.
  9. Daniel 7 ; ce Messie divin est amené devant le trône de l’Ancien des Jours où il reçoit l’autorité pour l’éternité sur les nations, et ces nations le louent.
  10. Daniel 10 ; l’ange divin de l’Eternel apparaît dans les éclairs et le feu et annonce à Daniel ce qui va se produire dans les temps de la fi

Note :   La structure de l’expression hébraïque « l’ange de l’Eternel » est appelée s’michut. Cette structure grammaticale est formée de deux noms, un peu comme l’est un nom composé en français, porte-serviette par exemple. Ce nom en hébreu signifie littéralement Ange-YHWH. Les mots « le » et « de » n’apparaissent pas dans le texte original. Ce qui signifie soit « un ange envoyé par Dieu », soit simplement « l’Ange de Jéhovah ».

Le mystère du Messie

Comment cette figure peut –elle être à la fois un messager de Dieu et YHWH lui- même ? Ce mystère a vraiment taraudé les rabbins. Leur opinion était divisée. Le Talmud (Traité Shavouot 35 :72) dit que le nom de ces figures étaient Kodesh, c'est-à-dire saint, il était donc d’ordre divin. D’un autre coté, dans le Midrash, Rachi dit qu’ils étaient tous Chol, c'est-à-dire impure, ils sont donc de simples hommes ou des anges. Ce mystère n’est donc résolu ni dans la Loi et les prophètes, ni dans les écrits rabbiniques.

Le Nouveau Testament débute par le livre de Matthieu qui décrit Yeshua comme le fils de David. Il se termine dans l’Apocalypse par la description de Yeshua comme l’ange divin de l’Eternel (Apocalypse 1 :8, 11 :17). Cette description de Yeshua est identique à celle de l’ange de YHWH en Daniel 10.

Yeshua est l’ange divin de l’Eternel qui est apparu à tous les patriarches. Nous réagissons à la divinité de Yeshua de la même façon que les patriarches et les prophètes ont réagi au caractère divin de l’ange de YHWH. Les patriarches l’ont adoré et ont conclu une alliance avec Lui. Il est messager de Dieu et révélation de Dieu.

Il y a 2000 ans, cet ange divin est né parmis les hommes en tant que fils de David, il a été circoncit le huitième jour. De cette manière, la prophétie de la naissance miraculeuse d’Emmanuel (Dieu avec nous) d’Esaie 7 :14 a été accomplie.

La pleine révélation du Messie est la combinatoire de deux images différentes qui nous viennent de la Loi des hébreux et des prophètes : le roi de souche davidique et l’ange divin. (En hébreu, roi se dit meleh et ange se dit mal’ah. Yeshua est à la fois meleh et mal’ah.) Cette tension dynamique se résume ainsi : il est les deux à la fois.

Beaucoup des mystères de la Bible sont résolus lorsque l’on comprend que Dieu assemble deux choses différentes, qui semblent même contradictoires : le mariage entre un homme et une femme (Genèse 2, Ephésiens 5), la réconciliation entre Israël et l’Eglise (Ezéchiel 37, Romains 11), le fait de rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu (Matthieu 22 :21), l’unité des cieux et de la terre (Genèse 1, Ephésiens 1 :10).

Dans le cas du Messie Yeshua, nous sommes confrontés au grand mystère (I Timothée 3 :16) de l’humain et du divin assemblés. Genèse 1 :26-28 constate que l’homme a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Mais ce n’est qu’en Yeshua que nous voyons réellement l’homme se confondre dans l’image de Dieu et Dieu se confondre dans celle de l’homme.


Traduction par Coraline Gauthier


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Revive Israël

Organisation juive messianique à Jérusalem qui oeuvre parmi les Juifs pour les amener à connaître Jésus (Yeshoua) et avec l'église (souvent clandestine) des arabes palestiniens chrétiens.

Asher Intrater

L’auteur de cet article en est l'un des directeurs. Pasteur d'une assemblée messianique hébraïque à Jérusalem, il est l’auteur de plusieurs livres dont un traduit en français Eretz Israël , A Qui appartient la Terre d'Israël selon la Bible? (Editions Emeth). Conférencier passionné et passionnant, il est apprécié pour sa connaissance approfondie de la Parole et ses perceptions prophétiques basées sur la Parole et sur ce qu'il observe à la fois en Israël et dans le monde où il voyage fréquemment.

Vous pouvez retrouver ses messages hebdomadaires traduits en français sur le site www.reviveisrael.org

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